Mouvement Initiative et Liberté

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Une communication du MIL

QUESTION SANITAIRE - MACRON A PERDU LA MAJORITÉ


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Précision : cette communication ne prétend pas traiter de la pandémie COVID-19, ni des choix politiques successifs de Macron, mais des conséquences politiques et institutionnelles qui apparaissent de plus en plus clairement.


Macron a présenté aux français, à la télévision, une analyse de la crise sanitaire et précisé les nouvelles mesures qu’il avait prises et qui allaient entrer en vigueur. Le premier ministre est intervenu pour informer les députés, puis les sénateurs, du dispositif retenu, après son annonce à la Nation. L’Assemblée et le Sénat ont bien voté le soutien au programme décidé (nouveau confinement et fermeture des écoles). Mais cette approbation a été obtenu par défaut.


La majorité des parlementaires ont décidé de ne pas prendre part à ce vote. Ce résultat acte la perte des votes centristes. Fin octobre 2020, le gouvernement avait recueilli un total de 529 voix en faveur les mesures sanitaires au sein des deux assemblées. Début avril, il a recueilli moins de 400 voix (sur 925) !


Le rejet du scrutin par une majorité des parlementaires est lié à la fois au fond des décisions et à la forme, choisie par Macron. Il a d’abord annoncé le dispositif, puis il a demandé aux parlementaires d’approuver les choix qu’il a fait. L’absence du nécessaire débat préalable sur les décisions à prendre est apparu inacceptable aux parlementaires Républicains et Centristes, comme à ceux du PS, du PCF, d’EELV et de LFI. Macron a abandonné la recherche d’un consensus politique autour des réponses à apporter à la crise, alors que lors de ces sept précédentes interventions, Macron avait appelé à l’Union nationale.


Au début de l’épidémie, les différentes familles politiques avaient limité leurs critiques et une sorte d’union nationale s’était dessinée. Au fur et à mesure des différents épisodes de la crise, les problèmes se sont succédés : manque de masques (à cause de la destruction des stocks existants), absence de tests puis confusion entre les différents types de tests, application covid-19 peu efficace, choix discutables des interdictions administratives, évolution permanente des procédures, saturation des services de réanimation (le nombre de lits n’a pas été augmenté après le printemps 2020), départ trop lent de la vaccination avec l’absence d’un vaccin français (Sanofi ou Pasteur), puis recours à l’Union européenne déficiente dans sa gestion des commandes de vaccins, cafouillage entre les différents vaccins et les priorités de vaccination !


La République En Marche (LREM) a perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale avec les départs successifs de plusieurs dizaines de députés de ses rangs. Le gouvernement dépend, avec un potentiel total de 348 voix, désormais étroitement du soutien de ses alliés, le MoDem et Agir. Les sujets de tensions entre LREM et ces derniers se sont multipliés (par exemple à propos de l’introduction de la proportionnelle aux législatives de 2022). Au sein de LREM, une bonne part des députés ne visent pas une réélection en 2022 par lassitude, par une absence d’investissement local ou par simple réalisme. Ils seront par conséquent assez indépendants dans leurs prochains votes sur la dernière année du quinquennat.


Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que la majorité des parlementaires n’accordent plus leur confiance au gouvernement pour sa politique sanitaire.

Le dialogue apparait rompu entre Macron/Castex et les partis de l’opposition. Cette situation apparait liée à la fois à un manque factuel de concertation et à l’insuffisance des résultats obtenus. Alors que la France va franchir le seuil des 100.000 morts causées par la Covid-19, les critiques se multiplient sur l’exercice solitaire du pouvoir par Macron et sa responsabilité personnelle quant au traitement de la crise, depuis l’instauration du régime d’état d’urgence sanitaire, en mars 2020. Le régime d’état d’urgence sanitaire a sans aucun doute trop duré. Macron se trouve très isolé à près d’un an de sa fin de mandat.


Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) estime que la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, au-delà du 1er juin 2021, pourrait s’avérer difficile pour Macron et Castex. Or c’est la déclaration de l’état d’urgence sanitaire qui autorise le Premier ministre à prendre, par décret, les mesures prises pour ce mois d’avril.