VIGILANCE & ACTION - N° 488 Février-Mars 2026
LES COMMUNICATIONS ÉCRITES DU M.I.L
MÉLENCHON, EN SOUTENANT LA JEUNE GARDE, PARTICIPE À UNE RE-CONSTITUTION DE CELLE-CI
Communication du MIL du 2 mars 2026
Repère : Le Conseil d’Etat vient de confirmer le classement de LFI dans le bloc «extrême-gauche» compte tenu de la situation politique prévalant pour les élections municipales de 2026 et des alliances observées pour ces élections.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que Jean-Luc Mélenchon a renouvelé, à nouveau, son soutien au groupuscule dissous «La Jeune Garde» et à Raphaël Arnault, deux semaines après la mort d’un étudiant, Quentin Deranque, 23 ans, lynché par plusieurs militants de «La Jeune Garde», à Lyon. Le meurtre a eu lieu en marge d’une conférence propalestinienne de l’eurodéputé Rima Hassan, favorable à l’organisation terroriste du Hamas.
Mélenchon affirme toujours que «La demande de dissolution de la Jeune Garde ne repose sur rien, ce n’est pas une organisation criminelle». Les liens entre LFI et ce groupuscule gauchiste sont avérés. Le fondateur du groupuscule Raphaël Archenault a été élu en 2022 député (LFI) du Vaucluse. Cette connivence a été dénoncés de la gauche à la droite. Mélenchon tente de rassurer la part des militants «insoumis», déstabilisés depuis le drame, qui ont mis en veilleuse leurs activités de terrain de la campagne (tractages et affichage). Mélenchon refuse de reconnaitre la réalité.
Le ministère de l’Intérieur a prononcé la dissolution de la Jeune Garde en juin 2025, invoquant des faits de violence et constituait une milice privée. La Jeune Garde a déposé un recours devant le Conseil d’État et affirmait que ses activités auraient cessé. Mais plusieurs personnes mises en examen pour homicide volontaire et complicité sont proches de la Jeune Garde, dont les assistants parlementaires du député Raphaël Arnault (Raphaël Archenault). Le gouvernement a saisi la justice pour une possible «reconstitution» de la Jeune Garde, malgré sa dissolution officielle. Une enquête a été ouverte au parquet de Paris pour « participation au maintien ou à la reconstitution d’association ou de groupement dissous». L’enquête a été confié à la section de recherches de la gendarmerie de Paris.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge profondément dangereuse la rhétorique «antifasciste» de Mélenchon et de son équipe. Il invente et alimente un danger politique fictif qui n’existe en aucun cas en France en 2026 (ni milice, ni violence collective, ni projet de sortie des institutions, etc.). Cette absence conduit à qualifier de «fasciste» tout élu ou tout militant de droite, ou du centre, quand l’occasion se présente en assimilant tout adversaire politique à un supposé fasciste.
Parallèlement, Mélenchon mêle régulièrement des critiques de la politique d’Israël et des allusions considérées par les observateurs comme antisémites. Le président du Crif résume bien la chose : «Mélenchon manie les codes de l’antisémitisme pour être entendu par les antisémites». Mélenchon vise clairement l’électorat français musulman pour toutes les élections en adoptant un positionnement islamo-gauchiste.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) dénonce les manœuvres électorales de Mélenchon. Il négocie déjà des alliances entre le PS et LFI au second tour des municipales de mars 2026. Il a déjà les listes communes avec les écologistes au premier tour. Il rappelle que les candidatures communes (NUPES) aux dernières législatives LFI ont contribué au succès d’une bonne moitié des élus socialistes en 2022. Il attend les prochaines. Mélenchon défend ses positions électorales de la sorte. «Les conditions, c’est nous qui les posons. (…) C’est nous et seulement nous qui avons rendu possible dans toute l’histoire de la gauche (…)». Les responsables du Parti Socialiste se préparent donc à composer des listes au second tour des municipales avec les équipes LFI dans de très nombreuses villes.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) appelle à voter contre les listes de gauche et, en particulier, les listes comportant des candidats de LFI.
LE PS EST ENCORE ET TOUJOURS ALLIÉ AVEC LFI
Communication du MIL du 10 mars 2026
Une nébuleuse socialiste est issue de l'ancien Parti Socialiste. Certains ont rejoint Renaissance (Attal et Macron), d'autres restent des sociaux-démocrates indépendants (Glucksman ou Cazeneuve). Le Parti Socialiste est divisé en deux parts égales (des pro-LFI et des anti-LFI) sans compter les sous-tendantes. Enfin, Génération.s (Hamon) a rallié les écologistes.
Le PS a tout à perdre d'une alliance avec LFI, car les points de vue du PS et de LFI sont opposés.
Le jeu du PS lors de la discussion de la loi de finances 2026 en atteste avec son rejet de la censure de LFI ou du RN. Le PS souhaite, toujours, gouverner ou participer à une coalition gouvernementale.
LFI cherche à rompre avec le système politique par tous les moyens utiles (discours insurrectionnels, soutien à des groupuscules violents, agressions verbales, mises en cause des institutions de la 5ème République, soutien aux Hamas et à l’Islam intégriste). LFI n’est pas un parti démocratique (3 personnes sont les dirigeants). Mélenchon ne pourra pas être au second tour de la présidentielle. Cela semble, aujourd'hui, un fait acquis. Même les socialistes devraient un candidat capable de l'emporter sur Mélenchon en 2027.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que la situation politique diffère selon les territoires et les villes. Mais le clivage est tranché. Certains responsables socialistes ont besoin des voix de LFI pour gagner ou garder des municipalités et, demain, pour gagner des circonscriptions législatives, mais d’autres non. Le poids à l’intérieur du PS, entre Faure et Glucksman (15% aux européennes), est également variable à travers leurs partisans respectifs.
Les derniers sondages sur LFI sont peu fiables. Ils restent incertains tant les discours et pratiques de Mélenchon ont pu repousser définitivement certains électeurs ou malheureusement en attirer d’autres (discours islamistes et allusions pour attirer les antisémites). Les sondages établissent une gauche, plus républicaine, d'un côté contre une gauche extrémiste de l'autre (classification du Conseil d'État) et un bon nombre d'indécis jusqu'au jour du scrutin.
Au final le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que le PS n’a ni la volonté, ni les moyens de rompre avec LFI. «Il n’y aura pas d’accord national», mais des accords locaux. Bref, «ce qui se passe au niveau national importe peu». Ces listes justifient leur union par le souhait de garder à tout prix une mairie ou pour faire face à la forte pression de la droite dans une commune.
Aux municipales dès le premier tour, on compte déjà une soixantaine de listes communes PS/LFI dans les grandes villes (par exemple Agen, Beauvais, Chartres, Niort ou Saint-Lô). Les socialistes devraient présenter environ 2.000 têtes de liste aux municipales. La France insoumise dit conduire des listes dans 380 villes et être engagée dans 124 listes de gauche.
Le nombre des fusions ou des désistements reste à voir pour le second tour. Mélenchon prône des «fusions techniques» si LFI arrive derrière une autre liste de gauche au lendemain du premier tour. Le Parti socialiste évoque de «rares cas» d’union au second tour. Ils risquent de se multiplier suite aux résultats obtenus.
Au niveau national, ces deux partis ont exprimé des oppositions tranchées. Mais elles ne s’appliquent pas au plan local, sauf à de rares exceptions près. C'est un marché de dupe pour tous les électeurs de gauche. La Nupes n’existe plus officiellement, mais elle est encore la règle appliquée. Il doit bien exister des électeurs de gauche qui puniront le PS pour les alliances avec LFI ?
Pour le premier tour, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) appelle à voter contre toutes les listes de gauche, cela démarre aux socialo-mélenchonistes et aux socialistes du PS, en passant par les Ecologistes, le PCF et LFI, sans oublier les diverses tendances d’extrêmes gauches. Puis, au second tour, il faut faire barrage à la gauche en votant pour le moins mauvais candidats éligible.
MUNICIPALES - VOTEZ CONTRE LA GAUCHE
Communication du MIL du 18 mars 2026
Repère : «Les socialistes ? Ils ne vont pas nous coûter trop cher, je pense, à acheter pour le deuxième tour !» Mélenchon au meeting de Bondy (Seine-Saint-Denis) du 4 mars 2026.
En 2026, Les Républicains (et divers droite) et le Parti Socialiste (et divers gauche) disposent d’un ancrage territorial (municipale) important en France. Les autres forces politiques (Horizons, MoDem, Renaissance, RN, reconquête, les écologistes, le PC ou LFI) sont présentes, très ponctuellement, sur quelques grandes villes (Le Havre, Nice, Pau, Roubaix, Saint-Denis ou Toulon) que mettent en avant, en priorité, les médias. Les Ecologistes devraient perdre la plupart de leurs maires.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que le PS n’a ni la volonté ni les moyens de rompre avec LFI partout, y compris dans les grandes villes. Olivier Faure a déclaré : «Il n’y aura pas d’accord national» mais des accords locaux. Donc, «ce qui se passe au niveau national importe peu». Ces listes justifient leur union par le souhait de garder à tout prix une mairie ou pour bloquer la forte progression de la droite dans leur commune. Aux municipales, dès le premier tour, on compte déjà une soixantaine de liste communes PS/LFI dans les grandes villes. Au second tour, les candidats socialistes ont multiplié les accords avec les «insoumis». Olivier Faure a dit «comprendre parfaitement les choix» d’union de ses candidats. Le PS a renoncé à demander des «clarifications» à LFI après ce qu’il qualifiait de «propos antisémites intolérables» et de promotion du communautarisme. Il s’agit de l’expression de la mémoire courte des socialistes !
Le Parti socialiste (PS) et/ou Les Ecologistes ont signé avec La France insoumise (LFI) des accords au second tour dans une majorité de grandes villes (notamment Avignon, Brest, Clermont-Ferrand, Limoges, Lyon, Nantes ou Toulouse). À Strasbourg, l’alliance des écologistes et de LFI a pour vocation de battre le PS. La division de la gauche (PS contre extrême gauche LFI) demeure à Lille, Marseille, Montpellier, Paris ou Rennes. Certains socialistes s’opposent à ces accords (PS / LFI), comme la présidente (PS) de la région Occitanie, Carole Delga ou le député (PS) de l’Essonne Jérôme Guedj. Raphaël Glucksmann, a demandé aux membres de Place publique de se retirer des listes d’union avec LFI, sous peine d’exclusion, idem pour le Parti radical de gauche (PRG). Selon des sondages, trois Français sur quatre s’opposaient à la fusion entre les listes de LFI et les autres listes de gauche, seuls 36% des sympathisants socialistes y étaient favorables. Une perte de voix socialistes est donc probable dimanche.
Les derniers discours de Mélenchon ont pu attirer certains électeurs (discours pro islamistes, allusions pour attirer les antisémites, soutien aux Hamas et à l’Islam intégriste). Mais les gains de LFI seront limités à quelques villes. LFI souhaite constituer un «front antifasciste» (c’est-à-dire «antifa») contre les listes du RN mais aussi, et en priorité, contre les listes de droite, du centre (comme à Toulouse contre un maire centriste). Au final, pour quelques maires de plus, le Parti Socialiste va vers un suicide en devenant supplétif de LFI. Il accroit encore la fracture interne profonde entre pro-LFI et anti-LFI. Le PS affaiblit la gauche sociale-démocrate à un an du choix du candidat à la présidentielle de 2027. Il va apporter des élus locaux à LFI pour qu’il dispose d’un groupe au Sénat.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) constate que la situation politique diffère bien selon les villes. Les fusions de listes et les retraits changent la donne pour le second tour. Notons la décision courageuse de Sarah Knafo à Paris qui, par son retrait, donne une chance à la droite de battre la gauche, de même pour la décision de Philippe Dessertine à Bordeaux. Il s’agit de combat pour battre la gauche, une de nos priorités avec la défense du gaullisme et des valeurs civiques et patriotiques. Une possible hausse de la participation peut également jouer sur les résultats.
Pour le second tour des municipales, le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) appelle à voter contre toutes les listes de gauche, notamment les listes représentant une alliance PS/LFI et écologistes/LFI. Faire barrage à la gauche, c’est voter pour la liste éligible la moins mauvaise et donc il ne faut pas s’abstenir car être gaulliste, c’est avoir le courage de prendre ses responsabilités, de choisir sans se cacher.
IL Y A 29 ANS QUE JACQUES FOCCART EST DÉCÉDÉ
Communication du MIL du 19 mars 2026
Le Mouvement Initiative et Liberté souhaite rappeler aux nouvelles générations et à ceux qui ont oublié tout, même s’ils lui doivent leur carrière, son action au service de la France. Pour cela, nous republions régulièrement des articles datant de 1997 qui retracent bien le parcours d’un gaulliste historique qui fut un des plus proches du Général de Gaulle et l’inspirateur-fondateur de notre association, comme de nos associations d’origines. Voici l’allocution prononcée par Jacques Chirac, Président de la République (Palais de l'Élysée le 20 novembre 1995) pour l’élévation de Jacques Foccart, à la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur.
Je suis très heureux de vous accueillir dans ce Palais de l'Élysée à l'occasion d'une cérémonie à laquelle je tenais tout particulièrement, puisqu'il s'agit d'un hommage rendu à Jacques FOCCART, l'élévation à la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur, une distinction qu'il aurait dû, franchement, avoir depuis longtemps ; mais je suis heureux d'être celui qui la lui confère et pour tout dire, j'ai le sentiment qu'il y attache aussi du prix. Alors je remercie toutes celles et tous ceux qui sont venus témoigner de leur estime et de leur affection pour Jacques FOCCART. Notamment, je suis particulièrement heureux de la présence et je sais à quel point Jacques FOCCART y est sensible, de Jacques Chaban-Delmas et Micheline, c'est une joie pour Jacques FOCCART et une joie pour moi, Cher Jacques, que vous soyez également ici.
«Tout ce que j'ai fait», dites-vous, mon cher Jacques, je vous cite «je l'ai fait au service de la France. Et de ses amis africains. (...) J'ai exécuté fidèlement la politique du Général, puis celle, dans la continuité, de Georges Pompidou. (...) J'ai été auprès d'eux l'avocat de l'Afrique sans jamais encourir le reproche d'oublier les intérêts de la France».
Rares sont, en effet, ceux qui peuvent se prévaloir d'avoir aussi bien compris les liens historiques, les liens uniques et complexes que l'Histoire a tissés entre la France et les pays de son ancien Empire. Pas un autre que vous n'a travaillé avec autant de passion au développement ces liens.
Tout commence en 1940 lorsque, démobilisé, vous rentrez chez vous, en Mayenne : la reddition, la soumission, l'humiliation, tout cela, pour vous, est «inacceptable» et l'occupation est intolérable.
Sans avoir entendu l'Appel du 18 juin, vous êtes déjà gaulliste. Vous serez donc parmi les premiers à rallier la France Libre et Isa, votre jeune épouse s'engage totalement à vos côtés, dans des activités qui lui vaudront, tout comme à vous, la Croix de guerre et la médaille de la Résistance.
Vous commencez par constituer des dépôts d'armes, vous cachez des aviateurs alliés, organisez un réseau d'évasion. Puis vous dirigerez en liaison avec le Colonel Passy, le chef du BCRA, l'un des réseaux de résistance les plus importants de l'Ouest.
On sait le rôle primordial qu'ils ont joué, ces réseaux, lors du débarquement. Vous participez alors activement au plan «Tortue» pour retarder, voire paralyser les renforts allemands qui se précipitent vers les plages normandes. Vous serez d'ailleurs, en 1944, nommé Lieutenant-colonel des Forces Françaises Libres, vous, un jeune «civil» de l'intérieur, et serez incorporé à la 1ère Division – «la Division glorieuse» -.
C'est en tant que membre de l'État-major de la 4è région militaire que vous accueillez le Général de Gaulle dans Laval libéré : ce sera votre première rencontre avec lui.
Vous êtes alors chargé d'une des missions les plus difficiles de toutes celles confiées pendant la guerre aux services spéciaux : parachuter des petits groupes d'hommes sur les camps de déportés, avec des risques immenses et ceci afin d'inciter les responsables de ces camps à épargner les survivants. C'est l'opération «Vicarage» qui sera arrêtée : les pertes sont extrêmement importantes et l'avance des Alliés, plus rapide que prévue, le justifie moins.
Vous êtes à peine réinstallé dans la vie civile que Jacques Chaban-Delmas et Gaston Palewski, à la fin de l'été 1945, vous demandent de vous présenter aux élections à l'Assemblée constituante. Vous ne tenez pas particulièrement, à vous lancer dans l'action politique, mais c'est un ordre du Général, donc vous ne sauriez-vous dérober. Vous constituez donc une liste dans la Mayenne où votre grand-père a été Maire d'Ambrières et d'ailleurs Conseiller Général, avant de céder, je parle de vous, très volontiers la tête de liste à Jacques Soustelle qui sera élu. Vous, vous retournez à vos activités commerciales et vous lancez votre société d'import-export, la SAFIEX. Mais cette expérience, si elle ne vous a pas donné d'ambition parlementaire, vous a laissé, comme vous le dites vous-même, «le goût de la chose publique».
Le 16 juin 1946, vous êtes à Bayeux, prêt à reprendre le combat pour sortir le pays de la crise où il s'enfonce. Vous ferez partie de ceux qui, hommes de droite ou de gauche, mais tous résistants et profondément attachés au Général de Gaulle, fonderont ensemble le Rassemblement du Peuple Français.
L'objectif qui vous est dévolu est de remobiliser les «anciens» de toute la région Ouest. À Strasbourg aux côtés du Général lorsqu'il annonce la création du RPF, et officiellement «chargé de mission» auprès du mouvement, vous faites campagne pendant l'été 47. Mais après les succès, c'est l'échec aux législatives de 1951 et le Général de Gaulle, qui se retire de la vie publique et rend leur liberté à ses compagnons, vous demande en 1954 de succéder à Louis Terrenoire comme Secrétaire Général du RPF. Vous acceptez et vous partagez avec lui sa traversée du désert.
Vous ne le quitterez plus. Lorsque les Républicains sociaux vous sollicitent pour devenir leur Secrétaire Général, vous choisissez de rester auprès de lui. Avec les «barons» du gaullisme, vous prendrez une part active au retour du Général en 1958. Vous l'accompagnerez à Matignon avant de devenir l'année suivante, Conseiller technique à la Présidence de la République. Vous serez désormais associé à toutes les décisions, qu'il s'agisse des référendums, des élections, ou de la Communauté. Vous en êtes depuis 1960 le Secrétaire Général, une fonction que vous occuperez sans discontinuer jusqu'en 1974. À ce titre, puis comme Secrétaire Général à la Présidence de la République pour la Communauté et les Affaires africaines et malgaches, vous serez l'artisan de la politique que le Général de Gaulle va conduire à l'égard de l'Outre-mer. Vous consacrerez dès lors l'essentiel de vos activités aux relations franco-africaines.
C'est le Général de Gaulle lui-même qui est à l'origine de cette vocation.
C'est lui qui vous a demandé dès 1947 de vous occuper des DOM-TOM au sein du groupe RPF, c'est lui qui a tenu à ce que vous soyez élu en 1950 Conseiller de l'Union française.
Au sein de cette Assemblée où les relations se nouent sans clivage racial ni politique, vous construirez des liens durables et vous connaîtrez «l'extraordinaire fraternité» - ce sont vos propres termes - qui unissent encore les anciens parlementaires. C'est là que vous vous ferez des amis pour la vie - je n'en citerai qu'un, qui fût pour vous probablement le plus cher, et pour moi aussi: le Président Félix Houphouët-Boigny. Ces amis, pour lesquels vous nourrissez une réelle affection, et qui deviendront des Chefs d'État ou de Gouvernement, vous les recevez régulièrement lors de leurs voyages officiels ou en visite privée avec leur famille, chez vous, à Luzarches, avec votre épouse, qui sera toujours étroitement associée, sur les conseils d'ailleurs du Général de Gaulle, à votre action politique, comme elle l'avait été dans la Résistance.
C'est grâce à ces liens tout à fait privilégiés, à cette compréhension, à cette qualité d'amitié et de dialogue, que vous accompagnerez ces pays dans leur accession à l'indépendance et coordonnerez ensuite la politique de coopération de la France. Le Général de Gaulle y tient tout particulièrement et son intérêt pour l'Afrique est si attentif qu'il vous reçoit tous les jours, pendant toutes ces années, vous, le spécialiste incontesté des affaires africaines.
Vous avez, en effet, de ce continent une perception aiguë et une vision lucide. Vous avez acquis une extraordinaire connaissance de chacun des acteurs politiques, dans chaque pays, et du rôle qu'il y joue ou cherche à y jouer. Plus encore : vous avez su gagner leur confiance. Votre puissance de travail, votre sens politique et l'influence que vous avez auprès d'eux vous permettront de vous acquitter des responsabilités les plus délicates et de réussir dans les missions de médiation les plus difficiles sous la Présidence du Général de Gaulle, puis sous celle de Georges Pompidou. En 1986, lorsque je prends mes fonctions à Matignon, c'est tout naturellement que je vous appelle auprès de moi. Tout en continuant à exercer vos propres activités, vous n'avez cessé de diriger la cellule africaine placée à mes côtés.
Aussi je voudrais vous dire aujourd'hui toute ma reconnaissance, à vous qui m'avez fait partager votre connaissance, mais aussi, mais surtout, votre amour de l'Afrique.
Voici évoqués, trop rapidement, Cher Jacques, les services que vous avez rendus à la France. Le résistant, le gaulliste, l'homme qui, par son rayonnement personnel et aussi par sa ténacité et son courage, a joué un rôle déterminant dans la politique intérieure et africaine de notre pays, est, nous le savons tous, d'une discrétion et d'une modestie légendaires. En témoigne d'ailleurs votre profession de foi, très simple et très claire : «J'ai eu, dites-vous, l'honneur, la chance et le bonheur de servir le Général de Gaulle. Je l'ai fait dans une fidélité totale à l'homme qui a sauvé deux fois, dans des circonstances différentes, l'honneur de la France. Ensuite, j'ai eu pour guide et moteur de mon action la volonté d'aider à poursuivre la ligne politique dans la direction et vers les objectifs que le Général avait fixés».
Vous dont les deux passions, la France et l'Afrique, n'ont jamais été en conflit, puisque «l'intérêt de notre pays et celui de ses anciennes colonies devenues ses partenaires se confondaient», vous avez œuvré de toutes vos forces afin qu'il en soit ainsi dans le cœur de chacun.
Mais je ne voudrais pas, Cher Jacques, terminer sans évoquer d'un mot encore votre épouse, Isa. Elle a su, je le sais, vous apporter le bonheur mais aussi le courage quand c'était nécessaire. Aujourd'hui toutes et tous ici, qui l'avons connue nous pensons à elle, avec une respectueuse affection, elle qui, je le sais, vous regarde en cet instant et qui est heureuse. Au moment où ces insignes de Grand Officier de la Légion d'Honneur récompensent vos services éminents, je suis très heureux et très fier, Mon Cher Jacques, de vous exprimer mon estime, mon respect et ma gratitude. Mais je veux aussi vous dire, aussi, tout simplement ma profonde amitié et toute mon affection.