VIGILANCE & ACTION - N° 493 Mai 2026
LES COMMUNICATIONS ÉCRITES DU M.I.L
CÉLÉBRONS LA MÉMOIRE DU PATRIOTE GAULLISTE
PIERRE-FRANÇOIS DEBIZET, DÉCÉDÉ IL Y A 30 ANS
Communication du MIL du 10 mai 2026
Pierre-François Debizet a été un homme politique français qui a marqué l’histoire du XXème siècle. Ces qualités sont à la source de l’action éminente qu’il a menée au service de la France et des attachements indéfectibles qui se sont portés sur lui, tout autant que des haines qu’il a suscitées et des tourmentes qui ont marqué son existence.
Né le 20 décembre 1922 à Nantua, il est décédé le 11 mai 1996. Il se retrouve orphelin à 12 ans après que son père décède des conséquences des blessures qu’il a eues en 1914-1918. Sa mère fut aidée grâce aux activités sociales des croix-de-feu en faveur des familles des combattants de la grande guerre.
Trop jeune pour être militaire, il entre dans la résistance à 17 ans. Sa spécialité était d’éliminer individuellement des officiers allemands. Très vite, il se fait remarquer par le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) (créé dès juillet 1940 par le général de Gaulle sous la direction du colonel Passy (André Dewavrin)) et rejoindra Jacques Foccart dans l’action. Il changera de spécialisation en s’occupant de la récupération de pilotes américains des forteresses volantes abattues au-dessus de la France avec mission de les faire passer en Angleterre.
A la Libération, il est décoré de la Croix de Guerre avec citations et de la médaille de la Résistance.
Après la guerre, il entreprend une carrière professionnelle de chef d'entreprise dans le secteur privé.
En 1947, sous le parrainage de Jacques Foccart, est créé, de fait, le Service d’Ordre du RPF par Dominique Ponchardier et son adjoint Pierre-François Debizet (il a 25 ans), ainsi que Paul Comiti. Le RPF ayant cessé toute activité en 1954-1955, Pierre-François Debizet a continué à militer pour le retour du Général de Gaulle. En 1956, il sera responsable du SO des «Volontaires de l’Union française», en 1957, responsable du SO du «Parti patriote révolutionnaire» de Jean-Baptiste Biaggi. Il fit même imprimer, sur ses deniers personnels, des affiches pour appeler au retour du général de Gaulle. Il assurera seul, un temps, sa protection rapprochée allant jusqu’à coucher devant la porte de sa chambre à l’hôtel Raphaël. En 1958, il était derrière lui le jour du «je vous ai compris» sur le balcon du gouvernement général à Alger.
Puis le SO du RPF se transformera en association de fait en 1958 sous l’appellation Service Anti Communiste (SAC). Cette association sera créée officiellement le 15 décembre 1959 puis déclarée à la préfecture de Paris le 4 janvier 1960. Très vite, à la demande du général de Gaulle, le nom sera changé en Service d’Action Civique. Pierre-François Debizet a été le premier président de 1959 à 1960 et démissionnera à cause de la politique algérienne. Ensuite, Paul Comiti en fut le président d’avril 1960 à 1969. Son grand déchirement est certainement celui qui l’a obligé à choisir entre son engagement pour l’Algérie française et son engagement gaulliste à la tête du service. Il a choisi de s’éloigner et de reprendre des activités privées. Il prendra position pour l’Algérie française, il appréciera le docteur Jean-Claude Pérez (ce qui sera réciproque) et il fera des choses avec lui.
En 1965, Jacques Foccart, avec l’accord du général, lui demande d’être conseiller de François Tombalbaye, président de la République du Tchad. Mais la cause pour laquelle il éprouvait une véritable dévotion qui l’emportait sur toutes autres considérations, c’était celle de la France. Aussi, lorsque le général de Gaulle, en 1968, lui demanda de «reprendre du service», Pierre Debizet n’hésita-t-il pas à répondre présent, sans toutefois rien renier de ses convictions et de ses chagrins passés : la cravate noire qu’il n’a jamais quittée était devenue quasi légendaire. Il rentra en France pour être durant les évènements auprès du ministre de l’intérieur, son ami Christian Fouchet. Il fera partie des organisateurs principaux de la manifestation du 30 mai 1968 sur les Champs-Élysées. Avec l’élection de Georges Pompidou à la présidence de la république, il lui est demandé de reprendre du service afin de nettoyer l’association qui avait fait adhérer, en 1968, tout le monde sans aucun tri. Ce qu’il acceptera le 3 octobre 1969. Ainsi, Charles Pasqua qui avait rejoint l’association fin 1962 (Vice-président début 1965 et membre du Bureau national en 1967) la quittera à l’automne 1969.
Pierre-François Debizet revient comme secrétaire général du Service d’Action Civique, la fonction de président étant abandonné dans les statuts. Il le restera jusqu’en 1982 tout en étant un conseiller d’Omar Bongo au Gabon.
La plus terrible des épreuves s’abattit sur lui en 1981 lorsqu’on a voulu le mêler à une affaire abominable. Il est clair que la gauche, alors triomphante, a voulu détruire à cette occasion l’un des hommes les plus solides de la droite. Elle n’a pas reculé devant les moyens les plus sordides. Pierre-François Debizet, soutenu par sa force personnelle et par son innocence, a tenu bon. Le gouvernement de Pierre Mauroy a profité du terrible drame (la «tuerie d'Auriol») issus d’un conflit de personnes impliquant des membres de l’association pour dissoudre le SAC (3 août 1982). Il s’agit d’un acte politique du gouvernement socialo-communiste, fortement contestés par la droite et le centre, dans la mesure où le SAC est un acteur important, et reconnu par tous, du combat des valeurs et des principes gaullistes, et aussi des campagnes électorales de la droite sur le terrain. Accusé d'être l'un des instigateurs de ce drame, il fera un mois de préventive puis il sera libéré, il bénéficiera d'un non-lieu. Il n’empêche que ses adversaires - nos adversaires - ont cassé en lui un ressort vital, et on ne saura jamais quel effet cette blessure profonde aura eu sur le développement de la maladie qui l’a emporté.
À la demande de Jacques Foccart, du Général Alain de Boissieu et de l’Amiral Philippe de Gaulle, Pierre-François Debizet accepte d’être, de 1985 au 5 novembre 1987, le délégué général du Mouvement Initiative et Liberté (M.I.L) en charge de l’organisation, de la structuration et de l’animation de celle-ci. Il n’exercera plus, ensuite, d’autres activités publiques. Le Mouvement Initiative et Liberté (M.I.L) est une association de fait dès février 1981, les statuts furent signés le 17 novembre 1981 et déposés à la préfecture de Paris le 16 décembre 1981. Elle a été créée en réaction au possible risque puis à l’arrivée au pouvoir de la gauche socialo-communiste.
Cet homme apparemment rugueux était un passionné, un sentimental, un grand patriote gaulliste et anticommuniste. Il reste l’une des grandes figures du gaullisme. Il était un homme d’honneur, un chevalier des temps modernes, à la fois à la pointe de l’action et hors de son époque, n’ayant jamais pu s’habituer aux petitesses, considérant tout compromis comme une compromission indigne.
Il convient de célébrer la mémoire de Pierre-François Debizet ainsi que sa vie au service de la France, d’entretenir son souvenir et d’en faire un modèle pour les générations à venir. Il est un exemple de droiture gaulliste, il n’a jamais trahit ses idées, ses valeurs et ses amis. Il a toujours été au service de la France et du Général de Gaulle, sans rechercher des avantages personnels.
LA GAUCHE DIVISÉE MAIS DANGEREUSE
Communication du MIL du 23 mai 2026
La faiblesse apparente des gauches est réelle, mais ne doit pas faire oublier son potentiel dans un an lors des échéances à venir. Ses forces éparpillées peuvent se regrouper en quelques mois sur un programme minimum.
Ces forces de gauche sont et resteront les adversaires de la droite en 2027.
Le Mouvement Initiative et liberté (MIL) distingue les réformistes et les révolutionnaires :
Une gauche réformiste avec des partis (Renaissance, sociaux-démocrates, Place publique, PS) et des organisations syndicales réformistes (CFDT, FO et UNSA) qui peinent à trouver un relais au niveau des partis politiques qui ont éclaté (comme le PS). Tous recherchent encore un leader crédible et un programme.
Une gauche révolutionnaire avec des partis (LFI, NPA, Lutte ouvrière et groupuscules d’ultra gauches) et des syndicats (CGT, FSU et Solidaires). Ils remettent en cause les institutions de la Vème République.
Ces deux tendances se heurtent frontalement depuis l’abandon de l’accord électoral de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes).
Le Mouvement Initiative et liberté (MIL) constate qu’une opposition profonde s’est creusée entre la gauche sociale et la gauche culturelle.
Une gauche sociale ou «ouvrière», assez traditionnelle, revendique, notamment, une forte augmentation du niveau des salaires, une réduction du temps de travail, l’écrasement de l’échelle des salaires représentation des salariés, la nationalisation d’entreprise, l’interdiction des licenciements, les conditions de départ à la retraite. Le PCF et certaines tendances du Parti socialiste (PS) sont les porteurs de cette gauche sociale.
Une gauche culturelle, plus récente, engagée sur divers enjeux sociétaux (davantage que sur l’économie), notamment, sur l’orientation sexuelle, le multiculturalisme, l’antiracisme, la repentance historique, la défense de la Gestation Pour Autrui (GPA) et de l’euthanasie, l’accompagnement de l’installation des migrants en France, la défense de minorités musulmanes (algérienne, marocaine ou turque), l’écologie radicale et punitive. La France insoumise (LFI), les Écologistes ou certains membres du Parti socialiste sont associés à cette gauche culturelle.
Ces catégories se croisent dans les partis politiques de gauche, d'où un tableau électoral compliqué et des jeux électoraux à venir lors de la présidentielle et des législatives de 2027.
Le Mouvement Initiative et liberté (MIL) note que la gauche culturelle a pour elle la très majorité des médias et des journalistes (gauche Woke aux Etats-Unis). Mais paradoxalement, cela ne lui apporte pas tant d'électeurs que ça au final. D'où le résultat des municipales largement favorables à la droite et ou les gauches ont totalisés tout juste 30% des voix.
La gauche culturelle qui vient de se faire entendre à propos de l'audiovisuel public, de l'édition (Grasset) et de la production cinématographique (Canal+ et CNC) est celle des vedettes de gauche. Elle recrute partout parmi des personnalités. Cette gauche donne toujours de la voix. Mais soyons réalistes : qu'une actrice (de talent ou pas) affiche des convictions de gauche ou qu'un sportif insulte la France ne changera pas les choix des citoyens pour les prochaines élections. Les discours «antifas» ne peuvent pas convaincre l’électorat en général.
La gauche sociale voit ses forces s'épuiser (CGT ou PCF) en fonction de l'évolution du monde du travail. 23% des salariés ont désormais un statut de cadre et le nombre des indépendants s'accroit. La population ouvrière fond et seuls demeurent quelques bastions durs (dockers, agents SNCF ou RATP, enseignants), mais ils sont conscients de leur isolement. Les liens entre les mouvements sociaux récents et la gauche sont ténus (des gilets jaunes aux mouvements d'agriculteurs). Une illustration : la manifestation du 1er mai 2026 n’a été que symbolique en 2026. Le monde politique change.
Le Mouvement Initiative et liberté (MIL) estime que toutes ces gauches peuvent converger en 2027 contre la droite et quelles seront nos premiers adversaires.
FAIRE FRONT À L’HYDRE ISLAMISTE
Communication du MIL du 26 mai 2026
«La proposition de loi de Bruno Retailleau arme juridiquement l’État face à l’hydre islamiste» a déclaré Philippe Fontana.
Reprise d’une publication dans Figarovox/Tribune du 12 mai 2026.
Avocat et essayiste, Philippe Fontana notamment publié La Vérité sur le droit d’asile (Éditions de l’Observatoire, 2023). Il a été candidat UDR aux législatives de 2024.
FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que le Sénat a adopté la proposition de loi LR contre l’entrisme islamiste, certaines voix redoutent une dérive liberticide. Pour l’avocat Philippe Fontana, cette critique méconnaît l’objet du texte : rendre enfin effectives les dissolutions d’associations islamistes.
Alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau a tenu à publier, voici un an, un rapport, initialement classifié, consacré aux Frères musulmans et à l’islamisme politique en France. Nos compatriotes ont le droit de connaître, a-t-il estimé, la réalité de l’entrisme et de la subversion qui, à côté du terrorisme, caractérisent la guerre sainte qui nous a été déclarée par les fanatiques. Or, si le droit positif français s’est étoffé progressivement dans sa lutte contre le terrorisme djihadiste, puis face au séparatisme, il reste largement démuni envers l’entrisme islamiste.
D’où la proposition de loi déposée le 16 mars 2026 au Sénat par Bruno Retailleau et d’autres sénateurs LR, dont le titre («visant à lutter contre l’entrisme islamiste en France») est dénué d’équivoque. Pour le contrer, quatre orientations sont développées : création de nouveaux motifs de dissolution administrative d’associations et groupements de fait, gel de leurs avoirs, avis conforme du préfet sur les constructions liées aux cultes et contrôle renforcé des lieux accueillant les mineurs. Cette proposition de loi a été votée par le Sénat le 5 mai 2026 (la gauche ayant voté unanimement contre et les trois sénateurs RN s’étant abstenus), après quelques modifications limitées.
Le gel administratif des avoirs ne s’applique actuellement qu’aux entités suspectées de terrorisme, de narcotrafic ou d’ingérences étrangères. Il est impossible, lorsque le groupement est dissous pour entrisme islamiste, cible de la proposition de loi. En dehors de la nébuleuse islamo-gauchiste (c’est-à-dire de la confluence des mouvances fréristes et de l’extrême gauche), qui pouvait faire grief à Bruno Retailleau d’une initiative témoignant de sa volonté constante de lutter efficacement contre l’islamisme ? A priori personne. Et pourtant, ont fleuri, à droite, des critiques sur la portée de l’article 6 de la proposition de loi. Selon celles-ci, l’un des critères retenus pour justifier le gel des avoirs (provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence en raison de la race, de la religion, de la nationalité, du sexe, de l’orientation sexuelle…) serait «dangereusement liberticide» et pourrait même être utilisé contre des personnes taxées d’islamophobie.
La crainte que l’article 6 soit utilisé à rebours de l’intention des auteurs de la proposition, contre les personnes critiquant l’islam politique, le désordre migratoire ou la transition de genre paraît infondée.
David Lisnard exprime ainsi la crainte que, «se fondant sur des notions comme «la haine», la «discrimination» ou la «propagation d’idées», l’administration puisse geler les ressources économiques de toute personne sur de simples suspicions idéologiques, sans intervention préalable d’un juge».
D’autres, comme Jean-Yves Le Gallou, théoricien de la mouvance identitaire, accuse Bruno Retailleau de se faire le «promoteur de lois liberticides qui sont surtout utilisées dans les faits moins pour lutter contre les dérives islamistes que contre ceux qui s’opposent à l’immigration de masse».
Ces critiques méconnaissent non seulement l’objet de l’article 6, mais encore sa place dans une construction juridique qu’il faut ici rappeler. L’article 6 figure dans le titre II de la proposition de loi, intitulé : «Assécher le financement des groupes séparatistes». Il prévoit d’ajouter au code monétaire et financier des dispositions permettant aux ministres chargés de l’économie et de l’intérieur de décider conjointement, pour une durée de six mois renouvelables, le gel des fonds et des ressources économiques de six types d’entités. Ces dernières sont déjà passibles d’une sanction de dissolution administrative (article L 212-1 du code de la sécurité intérieure), pour avoir provoqué à des atteintes aux personnes ou aux biens, appelé à des manifestations armées, menacé l’intégrité du territoire national etc. Au cours des années récentes, trois types de structures ont été dissoutes à ce titre : des groupements d’extrême-droite (GUD-Paris, Division Martel), d’extrême gauche (La Jeune Garde, dont le Conseil d’État vient de valider le décret de dissolution préparé par Bruno Retailleau) et islamistes (Collectif contre l’islamophobie en France et BarakaCity).
Fait débat la qualification suivante (4° de l’article 6) des avoirs susceptibles d’être gelés : ceux qui «appartiennent à ou sont possédés, détenus ou contrôlés par des personnes physiques ou morales ou toute autre entité qui soit provoquent ou contribuent par leurs agissements à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence et qui présentent une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics en raison de leur rôle dans ces actions, de leur caractère répété et de leur ampleur».
Les deux associations islamistes précitées (CCIF et BarakaCity) ont été précisément dissoutes sur la base de cette qualification, en l’espèce la haine des Juifs, des Chrétiens et des homosexuels, ainsi que la volonté de maintenir les femmes dans une situation d’assujettissement.
Dans son arrêt du 24 septembre 2021, le Conseil d’État a confirmé en ces termes la dissolution du CCIF : «Le CCIF entretenait toujours, à la date du décret attaqué, des liens étroits avec des tenants d’un islamisme radical invitant à se soustraire à certaines lois de la République. En particulier, M. F..., qui a été le porte-parole de l’association de 2010 à 2014, puis son directeur exécutif de 2016 à 2018, et qui en était toujours, avant la dissolution de l’association, membre d’honneur, a tenu publiquement des propos tendant à relativiser, voire à légitimer, les attentats contre le musée juif de Bruxelles en 2014 et contre le journal Charlie Hebdo en 2015, et promu l’idée d’une suprématie de la communauté musulmane».
Or, après sa dissolution par le ministre de l’Intérieur en 2020, le CCIF a reconstitué une structure à Bruxelles, dénommée CCIE, en y transférant ses actifs. De ce fait, faute de gel préalable des actifs, la dissolution du CCIF s’est révélée en partie inopérante. D’où l’importance de cet article 6 pour la lutte contre l’islamisme. Le nouveau texte a donc pour objet, et aura pour effet, de mieux armer juridiquement l’État contre l’hydre islamiste. La crainte qu’il ne soit utilisé, à rebours de l’intention des auteurs de la proposition, contre les personnes critiquant l’islam politique, le désordre migratoire ou la transition de genre paraît donc infondée.
MAI 1968 – DÉJÀ 59 ANS
L’INSURRECTION GAUCHO-COMMUNISTE RATÉE
Communication du MIL du 30 mai 2026
Les manifestations, émeutes, incendies, grèves, occupations de bâtiments publics, violences faites aux personnes ayant eu lieu en mai 1968, puis la réaction gaulliste et républicaine du 30 mai au 30 juin 1968 et, enfin, les conséquences politiques de ce printemps dans les années qui suivirent, constituent aujourd’hui, cinquante-neuf ans plus tard, des éléments de l’Histoire de France.
Des centaines de livres ont eu l’occasion de présenter les faits de tous les points de vue et sous tous les aspects. Le livre de Raymond Aron : «La Révolution introuvable. Réflexions sur les événements de mai», paru chez Fayard à l’automne 1968, contient sans doute l’une de meilleures analyses réalisées par un contemporain des faits.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que les évènements de mai et juin 1968 ne devraient faire l’objet d’aucune «commémoration officielle». Le mois de mai 1968 est une période complexe issue de la résultante de phénomènes divers dans le contexte politique et sociétal de l’époque.
Dans le cadre de l’explosion quantitative des effectifs étudiants dans un système peu préparé à cette évolution, la mobilisation d’une mouvance universitaire contestataire, autour de l’UNEF (organisation étudiante) et du SneSUP (syndicat enseignant), s’est développée pour mettre en cause l’«Université».
Dans le contexte d’une période économique faste, des centrales syndicales (CGT et CFDT) ont trouvé l’occasion de porter de fortes revendications afin d’obtenir des avantages sociaux.
Après 10 ans dans l’opposition, des responsables politiques socialistes de la IVème république, François Mitterrand et Pierre Mendes-France, ont cru trouver une occasion de revenir au pouvoir.
Dans le contexte international de la guerre froide, le Parti Communiste Français (PCF) a joué de tout son poids pour répondre à la logique de l’Internationale communiste (c’est-à-dire des dirigeants de l’Union soviétique). Le PCF disposait d’un appareil politique très solide, d’organisations de masse et d’un poids électoral réel (Jacques Duclos, communiste, obtint plus de 21% des voix à la présidentielle de 1969 !). Il se raconte même, qu’un soir, certains cadres du PCF sont rentrés dans la clandestinité.
A la fin des années 60, s’était formalisée l’existence de groupes marxistes «gauchistes», c’est-à-dire de communistes contestant par sa gauche le rôle dominant du PCF. Disposant d’un important potentiel militant, ces groupes développaient une stratégie de prise de pouvoir hors de la voie démocratique et appelaient à une insurrection. Ils bénéficiaient du soutien de pays étrangers (surtout celui de la République Populaire de Chine, dirigée à cette époque par Mao Tsé-Toung). Cette situation préexistante à mai 68 était due à un «effet de mode idéologique» porté par de nombreux intellectuels marxistes français, critiques à l’égard du régime soviétique et donc du PCF. Rappelons que le «gauchisme» avait été défini, dès 1920, par Lénine, lui-même, comme «La Maladie infantile du communisme».
Trois tendances «gauchistes» coexistaient.
Les trotskystes : A. de la Fédération des étudiants révolutionnaires et de l’Organisation communiste internationaliste (OCI) (lambertiste) ; B. de la JCR (Jeunesse communiste internationaliste) et du Parti communiste internationaliste (future «Ligue communiste» avec Alain Krivine, puis à l’origine du NPA) ; C. «Voix ouvrière» (Lutte ouvrière).
Les maoïstes du Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF) et de l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes (UJCML), qui étaient soutenus par la Chine populaire qui prônait, à cette époque, «l’exportation de la révolution». Rappelons que ces militants distribuaient gratuitement dans les lycées et les facs le «Petit livre rouge», imprimé en Chine.
Les anarchistes libertaires du «Mouvement du 22-Mars» et de divers autres groupes.
Rappelons également que le «Mai 68» français n’a rien de commun avec les mouvements contestataires survenus dans d’autres pays comme aux États-Unis (contre la guerre au Vietnam) ou en Tchécoslovaquie (pour un retour à la démocratie). La simultanéité des évènements ne correspond ni à un même contexte ni à un même objectif. Il faut se défier de toute confusion entre ces événements historiques à cause de leur simultanéité.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) considère que ces différentes forces de gauche et d’extrême gauche, politique et syndicale, se sont engagées dans une tentative insurrectionnelle. Elles ont organisé des actions dans le but de renverser les institutions démocratiques de la 5ème République. Cet aspect profondément antidémocratique des actions révolutionnaires menées durant le mois de mai 68 peut illustrer le détournement possible des libertés publiques par des partisans d’un projet totalitaire, en l’occurrence l’installation d’un régime communiste. Le recours à la violence et l’intimidation vis-à-vis des citoyens et des agents de l’État ont bloqué le fonctionnement du pays, ont porté atteinte à l’intérêt national, jusqu’à la décision du général de Gaulle de dissoudre l’Assemblée nationale à la fin mai :
« Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution à moins qu'on entende bâillonner le peuple français tout entier en l'empêchant de s'exprimer en même temps qu'on l'empêche de vivre, par les mêmes moyens qu'on empêche les étudiants d'étudier, les enseignants d'enseigner, les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont l'intimidation, l'intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue main, en conséquence, et par un parti qui est une entreprise totalitaire, même s'il a déjà des rivaux à cet égard. » (Allocution du 30 mai 1968 du général de Gaulle)
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) rappelle la réponse constructive apportée par le général de Gaulle, et le gouvernement du Premier ministre, Georges Pompidou, face à la contestation :
« Tout le monde comprend, évidemment, quelle est la portée des actuels évènements, universitaires, puis sociaux. On y voit tous les signes qui démontrent la nécessité d'une mutation de notre société. Mutation qui doit comporter la participation plus effective de chacun à la marche et au résultat de l'activité qui le concerne directement. » (Allocution du 24 mai 1968 du général de Gaulle)
Le mouvement gaulliste (Union pour la Défense de la République – UDR) et ses organisations (Service d’Action Civique, Comité de Défense de la République, Union des Jeunes pour le Progrès, etc.) ont su mobiliser, en quelques jours, les Français pour réussir la manifestation monstre du 30 mai 1968 sur les Champs-Elysées. Cette journée a marqué la reconquête de la rue par les gaullistes. Puis, le parti gaulliste a réussi, le 30 juin 1968, à obtenir seul une majorité absolue à l’Assemblée nationale et constitué, au travers de ses alliances, une majorité de près de 400 députés contre 91 pour les socialistes et le PCF.
Ces succès de l’action civique mériteraient d’être commémorés chaque année par les gaullistes. Les efforts pour sauver la France, de tous les acteurs de l’époque (responsables et militants gaullistes), devront être reconnus et honorés à cette occasion.
Le Mouvement Initiative et Liberté (MIL) juge que les succès de l’action civique, en Mai et Juin 1968, mériteraient d’être commémorés chaque année par les gaullistes. Les efforts pour sauver la France, de tous les acteurs de l’époque (responsables et militants gaullistes), devront être reconnus et honorés à cette occasion.